Lorsqu’on se déplace chez un particulier pour découvrir une collection de vinyles, les disques ne racontent souvent qu’une partie de l’histoire.
À côté des étagères remplies de jazz, de soul, de funk ou de rock, il y a parfois encore le matériel qui a servi à écouter ces disques pendant des décennies : une platine, un amplificateur, une paire d’enceintes ou tout un système Hi-Fi patiemment constitué au fil des années.
C’est un univers qui m’intéresse autant pour sa qualité de fabrication que pour son histoire. Certaines de ces machines ont cinquante ans et continuent, une fois correctement entretenues, à offrir une expérience d’écoute remarquable.
La Hi-Fi et le vinyle, une histoire commune
Une collection de disques s’est rarement construite indépendamment du matériel utilisé pour l’écouter.
Dans les années 1960, 1970 et 1980, l’achat d’un système Hi-Fi représentait souvent un véritable investissement. Amplificateur, platine et enceintes étaient choisis avec soin et conservés pendant de nombreuses années.
On retrouve ainsi chez certains collectionneurs des installations restées presque intactes : les disques sont toujours là, mais aussi la platine sur laquelle ils ont été écoutés et parfois les enceintes qui ont accompagné toute une vie de musique.
Lorsque je découvre une collection, je m’intéresse donc naturellement à ce qui se trouve autour des vinyles.
Amplificateurs, platines et enceintes vintage
La Hi-Fi ancienne couvre un territoire immense.
Certaines marques et certains appareils sont devenus particulièrement recherchés, mais ce ne sont pas nécessairement les modèles les plus prestigieux qui m’intéressent le plus. J’aime aussi découvrir des appareils moins connus, comprendre leur conception et surtout les écouter.
Au fil de mes recherches et de mes achats de collections, j’ai ainsi eu l’occasion de croiser ou d’utiliser du matériel très différent : JBL, Tannoy, Cabasse, Goldmund, Linn, Electrocompaniet, mais également des amplificateurs et platines aujourd’hui beaucoup moins courants.
Chaque appareil possède sa propre manière de restituer la musique. Une paire d’enceintes des années 1970, un amplificateur à transistors ou une platine à entraînement direct ne proposent pas nécessairement la même écoute qu’un système contemporain.
Et c’est précisément ce qui rend ces découvertes intéressantes.
Des objets conçus pour durer
Ce qui me plaît également dans la Hi-Fi vintage, c’est sa construction.
Châssis métalliques, transformateurs imposants, potentiomètres mécaniques, boiseries, grands haut-parleurs : beaucoup d’appareils témoignent d’une époque où le matériel audio était pensé pour être utilisé et parfois réparé pendant plusieurs décennies.
Bien sûr, ancien ne signifie pas automatiquement meilleur.
Un amplificateur de cinquante ans peut nécessiter une révision, certains composants vieillissent et une enceinte peut avoir besoin d’une restauration. Mais lorsqu’un appareil a été correctement conservé ou remis en état, il peut encore parfaitement trouver sa place dans un système actuel.
Écouter les disques autrement
Mon intérêt pour ce matériel est avant tout lié à la musique.
Étant musicien et collectionneur de vinyles, je suis particulièrement sensible au rythme, aux timbres, à l’espace et à la manière dont un système restitue une prise de son.
Sur certains enregistrements de jazz des années 60 ou 70, une bonne installation permet de percevoir très directement la texture d’une contrebasse, l’attaque d’une cymbale, le souffle d’un saxophone ou l’acoustique du studio.
Changer d’amplificateur ou d’enceintes peut parfois faire redécouvrir un disque que l’on connaît pourtant depuis des années.
C’est aussi pour cela que je continue à m’intéresser aux appareils anciens : non pas uniquement comme objets de collection, mais comme machines destinées à écouter de la musique.
Ce que l’on découvre autour d’une collection de vinyles
Il arrive que certaines installations n’aient pas fonctionné depuis plusieurs années. Une platine est restée dans un meuble, un amplificateur dans une armoire ou une paire d’enceintes dans une pièce devenue inutilisée.
Ces appareils permettent parfois aussi de mieux comprendre la collection qui les accompagne : la façon dont elle s’est constituée, l’importance que son propriétaire accordait à l’écoute et, plus largement, son rapport à la musique.
C’est cette histoire commune entre les disques et les appareils qui les ont fait vivre que j’ai envie de documenter ici.
Je présenterai régulièrement sur ce blog certaines de ces trouvailles : amplificateurs, platines, enceintes et autres appareils audio anciens rencontrés au fil des collections.
Tous les premiers jeudis du mois, je retrouve les studios de Lithium Radio à Paris pour une résidence de deux heures consacrée aux disques que je collectionne, recherche et écoute.
Deux heures de musique exclusivement sélectionnée sur vinyle, avec une place importante accordée au jazz des années 60 et 70, au jazz modal et spirituel, à la soul et au funk, mais aussi à des disques plus expérimentaux et à des morceaux qui échappent parfois aux catégories.
Une sélection de disques plutôt qu’un simple DJ set
Cette résidence est avant tout l’occasion de partager une sélection.
Je collectionne les vinyles depuis de nombreuses années et une grande partie des disques présentés à Lithium Radio provient de mes recherches, de collections privées et de disques découverts au fil de mon activité de disquaire.
Je cherche moins à enchaîner les morceaux selon un genre précis qu’à créer des correspondances entre les disques : une rythmique, une texture, une façon d’enregistrer une batterie, une ligne de basse, une improvisation ou simplement une atmosphère peuvent servir de lien entre deux morceaux issus d’univers différents.
Le jazz occupe naturellement une place centrale. On peut y entendre du jazz modal, du spiritual jazz, du free jazz, des productions indépendantes ou des pressages parfois moins connus, aux côtés de soul, de funk et de musiques plus difficiles à classer.
Le vinyle comme point de départ
Le disque est au centre de cette résidence.
Au-delà de la musique elle-même, je m’intéresse aux pressages, aux labels, aux musiciens, aux studios et à l’histoire qui accompagne chaque disque. Certaines pochettes portent aussi les traces de leur parcours : annotations, tampons de radios, étiquettes de disquaires ou signatures de leurs anciens propriétaires.
La résidence Lithium Radio permet de leur donner une autre vie : les sortir des bacs, les écouter et les faire découvrir dans leur intégralité ou au détour d’un mix.
Une approche de musicien
Étant moi-même musicien et batteur, ma manière d’écouter et de sélectionner les disques est forcément influencée par le rythme, le son et la façon dont les morceaux sont construits.
J’aime particulièrement les musiques qui laissent une place à l’improvisation, à la répétition, aux accidents et à une certaine forme de complexité.
C’est souvent ce qui relie les différents univers présents dans mes émissions : un morceau de jazz enregistré à New York à la fin des années 60 peut ainsi côtoyer une production soul, une pièce plus expérimentale ou un disque découvert récemment dans une collection parisienne.
Rendez-vous chaque premier jeudi du mois
Ma résidence sur Lithium Radio a lieu tous les premiers jeudis du mois, pour deux heures de sélection et de mix autour de ma collection de vinyles.
Je publierai régulièrement ici une sélection des disques joués pendant les émissions, ainsi que des extraits vidéo et les liens permettant de réécouter les différents sets.
Une autre façon de partager les disques qui passent entre mes mains, avant qu'ils ne poursuivent parfois leur histoire dans une nouvelle collection.
Quand on me contacte pour une collection de quelques centaines de disques, on peut encore à peu près imaginer ce qui nous attend.
Mais parfois, j’arrive chez quelqu’un et je comprends assez rapidement que la journée ne va pas vraiment se passer comme prévu.
Des étagères entières remplies de vinyles, des disques dans plusieurs pièces, parfois dans les placards, à la cave ou dans des cartons que personne n’a ouverts depuis longtemps.
C’est le genre de collection que j’adore découvrir.
Des collections constituées pendant toute une vie
La plupart des grandes collections de vinyles que je rachète chez des particuliers n’ont évidemment pas été constituées en quelques années.
Souvent, les disques sont là depuis très longtemps.
On retrouve les différentes périodes d’une vie à travers les étagères : des 45 tours achetés dans les années 60, des albums de soul et de funk, du jazz, du rock, des musiques du monde, parfois des choses beaucoup plus difficiles à classer.
Et c’est généralement en commençant à sortir les disques que je comprends vraiment à quelle collection j’ai affaire.
Il y a les artistes connus, bien sûr, mais ce sont souvent les disques auxquels je ne m’attendais pas qui m’intéressent le plus.
Sur une des collections présentées ici, je suis par exemple tombé sur du Dorothy Ashby, avec Afro-Harping. C’est exactement le genre de disque qui fait que l’on ralentit un peu le rythme et que l’on commence à regarder plus attentivement ce qu’il y a autour.
Chez un particulier, les disques ne sont jamais vraiment rangés comme dans un magasin
C’est quelque chose que j’aime particulièrement.
Chez un collectionneur, les disques ont leur propre organisation.
Il y a parfois un magnifique meuble fabriqué spécialement pour eux. Puis une caisse de 45 tours dans un placard. Quelques centaines de disques dans une autre pièce. Et finalement une cave où l’on découvre encore des cartons.
Certaines collections sont parfaitement classées. D’autres absolument pas.
Et personnellement, ça ne me dérange pas du tout.
Cela fait partie de la chine.
On ouvre une caisse, on regarde quelques pochettes, on passe à la suivante et, petit à petit, on commence à comprendre les goûts de la personne qui a constitué tout ça.
Acheter une grande collection demande du temps
Quand il y a beaucoup de disques, je ne peux évidemment pas regarder chaque vinyle pendant dix minutes.
Il faut assez rapidement comprendre la composition générale de la collection : les styles musicaux, les époques, l’état des pochettes et des disques, les pressages et la proportion de choses intéressantes.
Je sors certains albums, j’en regarde d’autres plus rapidement et j’essaye surtout d’avoir une vision d’ensemble.
C’est probablement l’expérience qui aide le plus dans ces moments-là.
Avec le temps, certains labels, certaines pochettes ou simplement certaines façons de ranger les disques donnent déjà beaucoup d’indices sur ce qui peut se trouver dans les étagères suivantes.
Mais même avec l’habitude, il reste toujours des surprises.
Et heureusement.
Puis arrive le moment où il faut tout sortir
C’est la partie que l’on voit moins souvent quand on parle de rachat de vinyles.
Une fois l’accord trouvé avec le propriétaire, les disques ne se téléportent malheureusement pas jusqu’à chez moi.
Il faut les mettre en cartons, les descendre, les charger et les transporter.
Pour certaines grosses collections, quelques caisses et une voiture suffisent. Pour d’autres, il faut clairement passer à autre chose.
J’ai déjà dû préparer des dizaines de cartons, utiliser une palette et faire venir un camion pour pouvoir récupérer une collection entière.
Quand on voit finalement tous les cartons regroupés sur le trottoir, on réalise mieux la quantité de disques que l’on vient d’acheter.
Et surtout leur poids !
Les caves réservent souvent quelques surprises
Il arrive également qu’une partie d’une collection ait été stockée à la cave pendant des années.
Ce n’est évidemment pas l’endroit idéal pour conserver des vinyles.
Humidité, poussière, variations de température… il faut regarder les disques avec davantage d’attention.
Mais je ne pars jamais du principe qu’une caisse stockée à la cave ne présente aucun intérêt.
Il m’est arrivé d’ouvrir des cartons assez peu engageants et d’y trouver des disques que je cherchais depuis longtemps.
C’est aussi ça, chiner.
Il faut accepter de fouiller.
Le retour : une autre partie du travail commence
Une fois le camion ou le véhicule chargé, la chine est terminée.
Mais le travail, lui, commence presque.
Il faut reprendre les disques tranquillement, les trier par styles, identifier les différentes éditions, regarder leur état plus précisément, nettoyer ceux qui en ont besoin et écouter les découvertes.
Sur une grosse collection, cela peut prendre beaucoup de temps.
Et je dois reconnaître que j’aime assez ce moment.
On redécouvre souvent des disques que l’on avait aperçus très rapidement chez le propriétaire et que l’on avait presque oubliés pendant le chargement.
Ce que j’aime dans le rachat de collections de vinyles
Évidemment, je rachète des disques parce que c’est mon métier.
Mais si je continue à aimer autant aller voir des collections chez des particuliers, c’est surtout pour ce moment où j’entre dans une pièce sans vraiment savoir ce que je vais y trouver.
Deux bibliothèques qui se ressemblent peuvent contenir des collections totalement différentes.
Derrière une rangée de disques assez ordinaires peut apparaître un album que je n’avais encore jamais eu entre les mains.
Et puis il y a les rencontres.
Chaque collection a été constituée pour une raison différente. Certains collectionneurs connaissent précisément chaque pressage qu’ils possèdent. D’autres ont simplement acheté énormément de musique toute leur vie sans jamais vraiment se considérer comme collectionneurs.
C’est probablement ce qui rend chaque déplacement différent du précédent.
Je rachète régulièrement des collections de vinyles auprès de particuliers, à Paris mais aussi ailleurs en France.
Jazz, soul, funk, rock, pop, musiques du monde, 33 tours ou 45 tours : je m’intéresse avant tout aux collections constituées avec le temps et je peux me déplacer lorsqu’il y a une quantité importante de disques.
Si vous avez hérité d’une collection, si vous manquez de place ou si vous souhaitez simplement vous séparer de tout ou partie de vos vinyles, vous pouvez me contacter en m’envoyant quelques photos des étagères ou des disques.
Cela permet déjà de me faire une première idée avant de venir les voir.
Il y a des collections que l’on vient voir pour les disques, et puis il y a celles où l’on se rend assez vite compte que l’on est tombé sur quelque chose de beaucoup plus large.
C’est exactement ce qui m’est arrivé avec cette collection, récupérée dans un appartement parisien, avenue Daumesnil.
Au départ, il était question de vinyles. Beaucoup de jazz. Mais une fois sur place, j’ai découvert que les disques avaient appartenu à Pierre Scias, ancien libraire parisien qui avait tenu la mythique Librairie Actualités, rue Dauphine.
Et tout à coup, les disques que j’avais devant moi prenaient une autre dimension.
Une collection de plusieurs centaines de vinyles jazz
Les étagères étaient encore remplies de vinyles et j’ai commencé, comme toujours, à regarder les disques les uns après les autres.
Très vite, les noms se sont enchaînés : Ornette Coleman, Dexter Gordon, Miles Davis, Bill Evans, Mal Waldron, Joe Henderson, Jackie McLean, Steve Lacy, Kenny Dorham, Charles Tyler…
Du jazz assez classique par endroits, mais aussi beaucoup de choses plus aventureuses, du free jazz, des musiciens européens, des pressages français et étrangers et des disques que l’on ne voit pas tous les jours.
C’était une collection qui avait clairement été constituée par quelqu’un qui connaissait le jazz et qui avait surtout beaucoup cherché.
Mais ce qui m’a vraiment marqué ce jour-là, c’est que les vinyles n’étaient finalement qu’une partie de l’histoire.
À côté des disques, toute une bibliothèque consacrée au jazz
Dans l’appartement se trouvaient également beaucoup de livres et de revues sur le jazz.
Des ouvrages sur Miles Davis, John Coltrane, John Lee Hooker, Lester Young, Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Duke Ellington… mais aussi toute une série des Cahiers du Jazz, des livres sur le blues, le free jazz et l’histoire de cette musique.
J’aime beaucoup trouver ce genre de choses avec une collection.
Quand les livres sont encore là, ils permettent presque de comprendre comment la personne écoutait ses disques. On ne voit plus seulement une succession de pochettes : on commence à reconstituer ses centres d’intérêt, les musiciens qu’elle suivait et les différentes périodes qui l’ont passionnée.
Chez Pierre Scias, le lien entre les livres et la musique était forcément encore plus présent.
Et puis j'ai ouvert les cartons d'affiches…
C'est probablement à ce moment-là que cette chine est devenue vraiment particulière.
Avec les livres et les disques se trouvaient des documents et des affiches de concerts conservés pendant des décennies.
Je suis notamment tombé sur une affiche annonçant le double concert d'Ornette Coleman à la Mutualité le 20 septembre 1969.
Il y avait également une affiche de Jazz Bilzen d’août 1968, d’autres autour du free jazz, une affiche du Jazzland rue Saint-Séverin annonçant Mike Mantler, Carla Bley et Peter Brötzmann, ou encore une affiche du Matchi Oul Big Band de Manuel Villaroel à l’American Center, boulevard Raspail.
Certaines étaient pliées, d’autres avaient vécu. Mais justement, c’est aussi ce que j’aime avec ce genre de documents.
Ce ne sont pas des reproductions décoratives achetées cinquante ans plus tard. Ce sont des choses qui ont traversé l’époque.
Des photos au milieu des archives
Il y avait aussi des photographies de musiciens.
En ouvrant les pochettes et les dossiers, je découvrais progressivement des photos noir et blanc, ici Miles Davis et un pianiste encore à identifier.
À ce stade-là, je n’étais clairement plus en train de simplement trier une collection de vinyles.
J’avais devant moi des morceaux d’une époque.
Et c’est exactement le genre de chine que je préfère : partir pour regarder des disques et finir par passer des heures à ouvrir des cartons parce que chaque nouvelle pile réserve quelque chose.
Ci-dessous, Kenny Dorham
Pierre Scias, la Librairie Actualités et le Paris underground
En faisant quelques recherches après avoir récupéré cette collection, j’ai aussi mieux compris la place qu’occupait Pierre Scias dans le Paris de cette époque.
Il tenait la Librairie Actualités, rue Dauphine, qui était bien plus qu’une simple librairie. À la fin des années 60 et au début des années 70, on y trouvait une grande partie de la presse underground et alternative, des publications étrangères, de la bande dessinée, mais aussi tout un univers où se croisaient musique, politique et contre-culture.
La première mouture du magazine Actuel y était notamment diffusée et la librairie semble avoir été un véritable point de rencontre pour cette génération.
C’est aussi l’époque où Paris devient un lieu essentiel pour le free jazz américain, notamment autour du label BYG et de sa série Actuel. Don Cherry, Archie Shepp, Art Ensemble of Chicago, Sunny Murray, Alan Silva et beaucoup d’autres musiciens passent alors par Paris et enregistrent certains des disques les plus marquants de cette période.
Quand je repense à ce que j’ai trouvé dans l’appartement de Pierre Scias — les centaines de disques de jazz, les livres, les affiches de concerts, les photographies et les archives — tout cela paraît finalement beaucoup moins anodin. Cette collection raconte aussi quelque chose de ce Paris-là.
Cette effervescence de la presse alternative des années 70 fait d'ailleurs actuellement l'objet d'une exposition à la BnF, Underground ! La presse alternative des années 1970 en France. On y retrouve notamment Actuel et les liens très forts qui existaient alors entre presse underground, free jazz et labels indépendants.
Ne pas regarder uniquement la valeur des disques
Quand je rachète une collection de vinyles, il faut évidemment regarder les pressages, l'état des disques et leur valeur. Cela fait partie du travail.
Mais certaines collections demandent aussi de ne pas aller trop vite.
Si j'avais simplement sorti les meilleurs disques de jazz et laissé tout le reste sur place, j'aurais complètement raté ce qui rendait celle-ci particulière.
Les livres donnaient du contexte aux disques. Les affiches donnaient du contexte aux livres. Les photos et les documents reliaient encore tout cela à une époque et à une personne.
C'est pour ça que j'aime autant récupérer des collections qui sont restées longtemps chez leur propriétaire.
On ne trouve pas seulement des objets.
On trouve parfois une histoire.
Une chine parisienne que je ne suis pas près d'oublier
Je suis finalement reparti de l'avenue Daumesnil avec les vinyles, mais également avec une partie de ces livres, affiches et documents accumulés au fil des années.
Après, il a fallu tout reprendre tranquillement : sortir les disques, identifier les éditions, parcourir les livres, déplier les affiches et essayer de comprendre ce que j'avais ramené.
C'est beaucoup de travail, mais ce sont précisément ces moments-là qui me donnent envie de continuer à chiner des collections.
Parce qu'on ne sait jamais vraiment ce qui se cache derrière une rangée de disques.
Et cette fois-ci, derrière les vinyles de jazz, il y avait aussi un petit morceau de l'histoire culturelle parisienne.
Vous avez une collection de vinyles à vendre ?
Je me déplace régulièrement à Paris et ailleurs en France pour découvrir et racheter des collections de vinyles. Jazz, soul, funk, rock, musiques du monde… chaque collection est différente et je prends toujours le temps de regarder les disques et leur histoire.